Rencontre avec les pêcheurs de sardine en Bretagne

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En 2010, la pêcherie de sardine de bolinche de Bretagne est la seconde pêcherie française à obtenir la certification MSC.  Fier de l’engagement de la pêcherie, Yvan Le Lay, président de l’Association des Bolincheurs de Bretagne nous parle des bénéfices de la certification.

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Pour Yvan Le Lay, la certification MSC offre non seulement la légitimité d’une évaluation indépendante, mais aussi un accompagnement dans une démarche d’amélioration. D’abord intéressés par la légitimité du MSC pour attester de leurs bonnes pratiques, les pêcheurs à la bolinche bretons ont ensuite découvert les autres atouts de la certification : la transparence et l’ouverture de nouveaux marchés. « Pêcher la sardine à la bolinche est une activité à part dans notre secteur; c’est une pêcherie à taille humaine, respectueuse de l’environnement et qui ne menace pas les ressources halieutiques. C’est ce que nous avons voulu prouver en adhérant au MSC » commente Yvan Le Lay

Pourquoi avoir choisi le MSC ?

« L’idée d’adhérer au MSC est venue suite à la demande d’un usinier qui nous achetait notre sardine début 2009 », se souvient Yvan Le Lay. Lorsqu’ils découvrent ensuite les critères du MSC, les membres de l’association ont la satisfaction de vérifier que leur démarche de protection de la ressource, engagée depuis 20 ans, va dans le bon sens. Yvan Le Lay est convaincu que la certification MSC permet de gagner en crédibilité  : « Un organisme extérieur qui vient en toute impartialité montrer la réalité, c’est beaucoup mieux ».

Ce qui fait la différence

L’Association des Bolincheurs approuvait totalement les principes du MSC lorsqu’ils ont découvert l’écolabel. Les engagements de l’Association reflètent les exigences clés d’une pêche qui préserve l’environnement :

  • Observation d’un plafond journalier de captures, qui contribue au maintien des stocks
  • Pêche sélective
  • Embarquement d’observateurs qui mesurent l’impact sur l’écosystème
  • Communication plus transparente avec les parties prenantes

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Les bénéfices environnementaux de la certification

« Small is beautiful » : telle pourrait être la devise de l’Association des Bolincheurs tant ses performances environnementales tiennent au choix d’une exploitation modeste. Une caractéristique déjà présente avant la certification, mais renforcée par l’accompagnement du MSC. « Notre activité est non seulement limitée par la taille des bateaux, mais aussi par le nombre de navires et les jours de sortie » énumère Yvan Le Lay.

Tous les bateaux sont d’une longueur inférieure ou égale à 17 mètres. Les pêcheurs travaillent donc avec un matériel de capacité limitée. Outre cette limitation, les pêcheurs doivent respecter un plafond journalier fixé à 20 tonnes par jour. Ensemble, ils garantissent des prélèvements de la ressource compatibles avec les stocks disponibles. La technique de pêche elle-même représente un gage écologique : « la senne coulissante permet d’encercler le poisson et de le capturer vivant », témoigne Yvan Le Lay.

Les bénéfices économiques de la certification

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Même s’il est trop tôt pour mesurer les retombées économiques de leur adhésion, les bolincheurs sont optimistes. « L’image du MSC est bonne », estime Yvan Le Lay. « Pour nous, cela ne peut être que bénéfique » ajoute-t-il. Les pêcheurs de sardine savent que le prix de ce poisson à faible valeur ajoutée tient surtout à la demande. L’offre étant limitée par les plafonds de capture, si de nouveaux marchés s’ouvrent et que la demande croît, les prix vont forcément augmenter eux aussi selon l’analyse des bolincheurs. Yvan Le Lay explique que les acheteurs sont demandeurs de poissons issus de sources durables. Cela signifie qu’un nombre croissant de pêcheries cherchent à obtenir la certification. « Il y a un engouement notamment de la part des acheteurs, qui se font de plus en plus certifier. On sait donc que c’est un écolabel qui est particulièrement apprécié », dit-il.

L’avenir

Dans le futur, les bolincheurs bretons souhaitent poursuivre leur démarche responsable. Ils veulent par exemple faire appel à des observateurs assermentés qui viendraient mesurer l’impact sur le milieu afin de confronter leurs observations aux engagements de départ. Ils souhaitent également continuer à participer aux commissions « pêche côtière » car, pour eux, elles favorisent une meilleure cohabitation sur toute la zone de pêche et donc une protection cohérente des écosystèmes. Enfin, ils vont approfondir leur démarche de transparence entreprise envers les autres parties prenantes et toute la filière.

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