L’évaluation: l’étape obligatoire pour tenter d’obtenir le label MSC

Le 15 janvier, la Scapêche est entrée en évaluation MSC pour sa pêcherie de lingue bleue, de grenadier de roche et de sabre noir. Cette annonce a suscité diverses réactions, questions et parfois amalgames au sujet du label MSC.

Edouard Le Bart, Responsable du Marine Stewardship Council en France, revient ici sur le déroulement du processus d’évaluation d’une pêcherie ; processus exigeant, indépendant et participatif qui est l’un des fondements de la crédibilité du MSC dans le monde.

Qu’arrive-t-il quand une pêcherie souhaite obtenir la certification MSC ?

Une pêcherie doit d’abord passer par l’étape d’évaluation qui déterminera si elle est durable ou non. Il faut rappeler qu’aucune discrimination sur le type d’engin de pêche n’est faite à l’entrée en évaluation. Seules les pêcheries poursuivies pour travail forcé, pratiquant le shark finning, la pêche à l’explosif ou au poison sont bannies d’office du programme. Les autres peuvent choisir volontairement de se mesurer à nos critères scientifiques et tenter d’obtenir la certification MSC.

Dès que la pêcherie décide de se lancer, elle contacte un organisme de certification qui se chargera de l’évaluation. Le processus est indépendant, le MSC n’intervient pas durant cet examen qui dure en moyenne entre 15 et 18 mois. Une équipe d’experts composée de scientifiques indépendants et d’auditeurs de l’organisme de certification est alors constituée et peut entamer l’évaluation. Et c’est seulement à la fin de ce processus que la décision d’attribution ou non du label est donnée, car, qui dit évaluation, ne dit pas forcément certification !

Processus-certification-MSC-600

Concrètement, quels sont les critères qui sont évalués pour déterminer la durabilité d’une pêcherie?

Durant l’évaluation, les auditeurs et experts scientifiques vont examiner si la pêcherie répond aux trois principes fondamentaux du MSC : état des stocks ciblés, impact de la pêcherie sur l’écosystème, système de gestion en place. Ces trois principes sont déclinés en 31 indicateurs de performance qui vont être notés de 0 à 100 par l’équipe d’évaluation pour juger de la durabilité de la pêcherie. Ils vont par exemple analyser les données existantes sur les stocks de poissons concernés, les habitats et écosystèmes, l’impact de la pêcherie sur les espèces ciblées et non ciblées, les espèces en danger ou encore les fonds marins. La notation ne peut être établie que si les données disponibles sont suffisantes. La phase de récolte d’informations et de visite sur site, suivie des phases de consultation publique et d’analyse ont donc toutes une importance majeure. L’objectif est d’avoir le maximum d’informations.

Tous les avis sont-ils pris en compte ?

Oui. À partir du moment, bien entendu, où les données et commentaires fournis à l’organisme de certification ont un fondement scientifique et une justification étayée de preuves. La participation des parties prenantes est  d’ailleurs cruciale. J’encourage les intervenants de tout secteur, étant intéressés par la pêcherie, à participer à l’évaluation. Cela comprend les ONG, les autres pêcheries, les scientifiques, les entreprises commerciales ou toute organisation disposant d’informations qui pourraient être utiles. Tous les rapports d’évaluation seront publiés sur notre site internet.  À six reprises, les parties prenantes auront la possibilité de les commenter et d’apporter leur contribution à l’évaluation.

L’évaluation MSC est une opportunité donnée à toutes ces parties prenantes de confronter leurs connaissances scientifiques au cours de ce processus encadré, normé et indépendant, afin d’aider le consommateur à y voir plus clair.

Parlons justement du consommateur, comment peut-il s’y retrouver ?

Chaque consommateur n’a pas forcément les compétences en sciences halieutiques ni le temps qui lui permettent de faire un choix avisé en faveur de la préservation des ressources marines lorsqu’il fait ses courses. Et pourtant, c’est un critère de choix de plus en plus important ! Dans notre étude consommateurs menée en 2014 en France, neuf personnes sur dix déclarent que la durabilité des océans est importante et près d’une personne sur deux recherche activement des produits de la mer durables. Depuis plus de 15 ans, le MSC s’engage continuellement et avec succès pour la préservation des espèces et de l’habitat marin grâce à son label exigeant reconnu internationalement par les scientifiques, les pêcheurs et les consommateurs.

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