Retracer l’histoire pour mieux préparer l’avenir des Océans : Exposition « Dans les mailles du filet »

Du 7 octobre 2015 au 26 juin 2016 se tient au Musée national de la Marine l’exposition « Dans les mailles du filet », pour laquelle Edouard Le Bart, Directeur de Programme MSC France a été interrogé. Nous avons souhaité en savoir plus sur la genèse et le contenu de cette exposition auprès de deux de ses commissaires, Corinne Pignon et Philippe Schmidt.

© musée national de la Marine/A.Fux

© musée national de la Marine/A.Fux

L’exposition « Dans les mailles du filet » retrace l’histoire de la Grande pêche à travers diverses œuvres d’art. Quelle est votre pièce préférée ?

C.P. : J’aime particulièrement les tableaux, en très grand format, du peintre Albert Guillaume Demarest qui s’inspirent de faits réels de la fin du XIXe siècle. « Le retour d’Islande » datant de 1889, illustre le retour des marins dans leurs foyers après de longues campagnes de pêche. Ce tableau est telle une photographie, prise sur le port, représentant femmes et enfants attendant impatiemment les marins. Très représentatif de l’histoire de la Grande pêche, ce tableau reste mon œuvre préférée.

P.S. : Parmi les œuvres symboliques de l’exposition, je citerai une morue naturalisée provenant du Muséum d’Histoire Naturelle. De par sa taille de plus d’un mètre, elle marque le passage de la grande pêche à la période contemporaine. En l’espace de quelques décennies la morue s’est éteinte à Terre-Neuve, et dans les autres régions du globe, elle a vu sa taille et son poids divisés par deux. Aujourd’hui, les morues pêchées sont majoritairement juvéniles et mesurent entre 30 et 40 cm.

La seconde partie de l’exposition traite de la gestion durable des ressources marines. Pourquoi était-il important pour vous de relier l’histoire à cet enjeu contemporain ?

C.P. : Nous n’avions jusqu’à présent jamais eu l’opportunité de travailler sur la thématique de la pêche. L’occasion s’est présentée lorsque une exposition intitulée « Terre-Neuve, terre-neuvas » fut présentée en 2013 et 2014 en Bretagne et en Normandie. Une partie du contenu a été réadaptée pour  « Dans les mailles du filet » qui, nous l’espérons, jouera un rôle de précurseur pour les prochaines expositions du Musée de la Marine, mélangeant sujets contemporains et collections historiques.

P.S. : Au-delà des aventures humaines, la grande pêche a malheureusement mené à la disparition de la morue. Les pratiques liées à la surpêche et à la pêche illégale soulèvent aujourd’hui la question de la pêche durable, importante au niveau des prises de décisions étatiques. Il était donc nécessaire de faire le parallèle entre ces deux périodes à travers les collections historiques mais aussi les interviews des scientifiques, pêcheurs et associations. Les visiteurs sont d’ailleurs très intéressés par la dernière partie de l’exposition sur la consommation.

Vous avez invité une grande diversité d’acteurs comme le MSC mais aussi, scientifiques, pêcheurs et autres associations à partager leur définition de pêche durable. Maintenant que l’exposition est lancée, à nous de vous demander la vôtre !

C.P. : La pêche durable est une exploitation intelligente de la ressource qui préserve à la fois le métier et l’activité de pêcheur, mais également les ressources pour les générations actuelles et futures. C’est également une pêche qui prend en compte les aspects environnementaux, sociaux et économiques inhérents au développement durable.

 P.S. : Notre définition de la pêche durable est en accord avec la définition d’Edouard Le Bart du MSC France. C’est une pêche qui permet de répondre à nos besoins actuels et de préserver les ressources pour demain, tout en prenant en compte les enjeux économiques et sociaux de la filière.

Selon vous, comment encourager la transition vers une pêche plus durable ?

P.S. : Tout d’abord, il est nécessaire d’avoir une meilleure connaissance scientifique des espèces à travers une approche plus écosystémique. Ensuite une amélioration des techniques de pêche et une réduction de la consommation en carburants des engins de pêche demeurent primordiales pour tendre vers une pêche plus durable. Et ceci passe par une sensibilisation des pêcheurs-artisans autour de ces enjeux, ainsi qu’une mise à disposition d’outils afin qu’ils puissent respecter les nouvelles réglementations en vigueur  (notamment grâce à la réforme de la PCP 2013 sur les rejets en mer). Il est également important de veiller à la traçabilité du poisson, au travers de labels comme le MSC qui certifie la provenance du produit. Enfin, la mise en place d’une réglementation internationale contre la pêche illégale ainsi que le développement d’Aires Marines Protégées seront nécessaires à cette transition.

C.P. : Il est également nécessaire que les pêcheurs-artisans bénéficient d’une aide dans leurs parcours vers l’obtention de la certification MSC. Et puis, n’oublions pas qu’une consommation responsable passe aussi par une consommation locale et de saison !

Pour en savoir plus : Site du Musée de la Marine

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